Petites coupures – Critique VF

« Paul Norman, il avait tout pour devenir un grand… mais ce con à tout foutu en l’air… » 

 

Plongez dans le sombre univers de la boxe New Yorkaise des années 40. 

Editeur :Enfants Rouges

Date de sortie :  Janvier 2009

Auteurs :

Ecrit par Joseph Incardona

dessiné par Vincent Gravé

Fiche du livre

Prix : 19.5€ Paperback (Couverture cartonnée)

Particularité :

  • Adapté de la nouvelle « Adrénaline » de Joseph Incardona
  • Prix « One Shot » Cognac  2009

Alors qu’il roule à vive allure dans le Westchester New Yorkais, Paul Norman fait un dernier arrêt dans un bar à New Rochelle une ville côtière situé a 20 miles au nord de New York. Un dernier petit whisky pour étancher sa soif. Ce soir, « Le crabe » comme il était surnommé lorsqu’il était encore la légende de la boxe aura un accident de voiture mortel…

L’introduction de ce récit nous donne tout de suite le ton, grave, sombre, déprimant, teinté d’amertume et de remords… Nous commençons par la fin, avant de découvrir l’histoire de celui qui n’est plus, un flashback de plus de 210 pages qui nous fait revivre son dernier combat.

Paul Norman, dit le Crabe était une légende de la boxe à l’époque. Un jab d’enfer, un crochet sec et percutant. Alors qu’il est en lisse pour décrocher le titre de champion du monde il fait néanmoins un faux pas. Ce genre de faux pas qui vous fait réaliser bien trop tard que c’est fini. Il est mi KO au 6ième round et chut. Paul Norman était un gars bien, ou en tout cas pas mauvais. Rien ne l’avais préparé à l’alcoolisme qui allait le ronger, le faire sombrer dans un état déplorable, rongeant son âme et son corps de l’intérieur.

Mais ce soir le crabe a décidé de remonter sur le ring. Après des années, alors que sa femme l’a quitté, alors qu’il ne voit plus sa fille, lorsqu’il est la risée de la boxe et de ceux qui hier encore l’encourageaient et l’acclamaient, il va remettre ses gants une dernière fois contre l’étoile montante de la nouvelle génération « Max Chavez ».

 

Pour Max c’est un combat facile, un de ces combats de gala organisés avant un grand événement, et quoi de mieux pour illustrer sa technique qu’un ancien champion tombé en désuétude? Le public sera forcément de son côté, un combat facile quoi…

Mais pour Norman c’est l’inverse. Ce soir c’est un combat difficile qui s’annonce. Son objectif : tenir trois rounds puis se coucher pour toucher les 3 500$ de promis si le spectacle est assuré. Mais ce qu’il ne sait pas encore c’est que ce soir il dispute le combat de sa vie.

 

Rythmée par l’intensité du combat ce récit nous plonge dans un flashback sombre mais palpitant des dernières années de la vie de Norman. Ce fatidique combat pour le titre, sa descente aux enfers et ce soir. Ses souffrances, ses états d’âme, une vie difficile où il est plus simple de couler que de nager.

Visuellement Vincent Gravé a une patte assez particulière. La « grosseur » des traits et l’absence de colorisation apportent un aspect pensant à l’histoire, renforce son contexte et l’atmosphère étouffant du ring de boxe. On aimera (ou pas) le visuel mais on sera unanime sur l’ambiance glauque et violente que celui-ci dégage.

Il avait tout pour réussir dans la boxe ce con… Star un jour, inconnu le lendemain. Mais cette histoires de boxe au final qui intéresse t’elle d’autre que lui-même? Au final les spectateurs veulent voir du sang, « du pain et des jeux ». Demain ils auront déjà tout oublié, ils seront passés à autre chose. Non, cette histoire ne fera pas les gros titres des journaux, tout au plus les petites coupures…